Enfants dits « sorciers »

Les enfants abandonnés taxés de sorcellerie

Les enfants « sorciers » en RD du Congo : Le phénomène, ses causes et ses solutions

La République Démocratique du Congo connaissait déjà le fléau des enfants soldats. Elle doit aujourd’hui faire face à un autre problème, tout aussi inquiétant, celui des enfants dits sorciers, Ndoki en langue Indala.

La croyance dans la sorcellerie est répandue en Afrique, mais le mythe de l’enfant sorcier ne fait pas partie de la culture congolaise. À Kinshasa, on ne parlait pas, jusqu’il y a peu, d’enfants sorciers.

Ce phénomène ne s’est développé qu’au milieu des années 1990, avec l’apparition des sectes religieuses, à la faveur de l’exode rural dû aux difficultés économiques et aux ravages de la guerre.

Appauvri à l’extrême, vivant le plus souvent dans une misère effroyable à laquelle il ne voit pas d’issue, le peuple congolais s’accroche aujourd’hui à des mythes, et cela dans tous les domaines.

Dans le pays, ils sont ainsi des milliers d’enfants à être qualifiés de sorciers. Le schéma est toujours le même : accablées par le chômage, frappées par un deuil, victimes d’un accident ou tout simplement vivant dans une pauvreté insoutenable, les familles cherchent un bouc émissaire à leurs malheurs et le trouvent en la personne de leur enfant qu’ils chargent de tous leurs maux.

Tenu pour responsable d’une maladie, d’un décès, d’un divorce, d’un manque d’argent ou même d’un simple désagrément, l’enfant est alors accusé de sorcellerie et devient rapidement le centre de violents conflits familiaux. Maltraité, stigmatisé, marginalisé, il est finalement rejeté puis banni du clan familial et n’a d’autre ressource que de rejoindre la rue.

Ces persécutions sont encouragées par les sectes qui prolifèrent dans les grandes villes congolaises. Ces nouvelles « églises » y trouvent en effet leur intérêt, elles offrent à prix d’or aux familles leurs services pour désenvoûter les prétendus petits sorciers.

Bien souvent, ce sont les « pasteurs » eux-mêmes qui, par cupidité, désignent l’enfant comme porteur de pouvoirs démoniaques et en font une victime expiatoire qu’ils s’empressent d’exorciser en exigeant des parents des dons souvent importants.

Une écoute attentive de la famille, assortie d’une médiation patiente et soutenue, suffit, la plupart du temps, à rétablir l’enfant dans ses droits, s’il a la chance d’être repéré et pris en charge par un organisme spécialisé.

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